Édifice

Cette église néo-renaissance de 1875 rappelle la Trinité (Paris), et l'orgue de tribune qui s'y trouve est aussi de la même veine que celui dont Olivier Messiaen fut titulaire. L'association y organise environ trois récitals par an. C'est incontestablement une des "bonnes adresses" de Lille, avec St Martin d'Esquermes, mais c'est à peu près tout. Si l'on veut d'autres récitals d'orgue, il faut aller en périphérie (Lomme, Wasquehal, Marcq en Baroeul, Tourcoing, Halluin...).

Orgue de tribune

Sources : Mme Oudar ; bases de données Palissy du ministère de la culture

Notice "Bénédiction & inauguration de l'orgue de tribune le 24 mars 1898 / Discours de M. l'Abbé Roger Deschamps, professeur de philosophie et directeur des études au collège Saint Vaast à Béthune", Lille, imprimerie de l'orphelinat de Don Bosco, 1898 (exemplaire conservé à la bibliothèque municipale de Lille)

Mémoire de R. Servais sur la manufacture Delmotte

Historique

Ancien orgue (X...)

Origine inconnue.

Les 11 et 12 août 1884, Edouard & Théophile Delmotte envoient deux de leurs employés pour réparer le tirage des registres et accorder l'orgue. Ils conviennent alors d'un abonnement d'accord (4 visites par an pour 60 Fr) qui commencera en 1885 et continuera jusqu'en 1909.

Des visites "extraordinaires" d'accord sont effectuées le 28 septembre 1887 (15 Fr) et le 23 octobre 1889 ; le 21 avril 1890, il est procédé à un nettoyage de l'orgue (200 Fr). Le 16 septembre 1893, deux employés "règlent la pédale et réparent les cornements" pour 25 Fr, tandis que le 13 novembre 1893, l'orgue est "retiré", travail qui fut facturé 35 Fr.

Projets intermédiaires

En février 1886, les Delmotte présentent deux devis pour des instruments de 34 et 35 jeux (22 000 et 25 000 Fr) à levier pneumatique, comportant deux ou trois claviers manuels. Ce projet n'a pas eu de suite.

Orgue actuel (Joseph Merklin)

Faisant suite à l'inauguration de l'orgue de St Martin, à Esquermes, l'abbé Hélin, curé de St Michel, écrit le 22 juillet 1895 pour informer les frères Delmotte que "le conseil de fabrique [...] a lu avec intérêt le rapport de la commission du nouvel orgue d'Esquermes". Il leur signale que "un appel est fait à [...] six facteurs d'orgues : MM. Delmotte peuvent aussi présenter leur projet pour l'orgue de St Michel".

Une semaine plus tard, les facteurs tournaisiens envoient à Lille un "devis d'un grand-orgue à construire d'après le nouveau système pneumatique à membranes", qui prévoyait un instrument de 27 jeux sur deux claviers et pédalier, pour le prix de 23 000 Fr. Ce devis proposait une soufflerie mécanique actionnée par un moteur à gaz.

L'orgue Joseph Merklin fut commandé en 1896 (15 000 F) et réceptionné le 24 mars 1898, par un jury présidé par Henri Dallier. Il aurait comporté, à l'origine, 26 jeux sur deux claviers et pédalier. Il est installé dans un buffet en chêne de Hongrie, exécuté par la maison Buisine & Rigot d'après un dessin de l'architecte lillois Boudin. Cet instrument à transmission pneumatique (tubulaire "à air poussé") a été restauré et transformé par Bernard Cogez en 2006 (bénédiction solennelle le 17 septembre). Il a été électrifié à cette occasion. Il a été doté d'une panoplie presque complète d'accouplements d'octave (16, 8, 4) et de tirasses en 8 et 4, fait rare de nos jours. Cet instrument a conservé sa "pâte" symphonique malgré l'ajout de quelques mutations, d'ailleurs bien intégrées, et de deux 32 de pédale. Il est idéalement adapté au répertoire français de la 1° moitié du XX° siècle (Dupré, Tournemire, Alain, Duruflé...). Les fans de Dupré regretteront seulement les 56 notes aux manuels, là où 61 eûssent été préférables.

Buffet

La montre actuelle est en zinc, fraîchement repeinte (dépôt électrolytique ?).

On appréciera la plate-face circulaire, clin d'oeil à Casparini. Elle dissimule d'ailleurs des jalousies de boîte expressive.

En voici une représentation, tirée de la notice d'inauguration :

Composition

Voir par exemple sur ce site : Les orgues

Orgue de choeur

Sources : comme ci-dessus.

Orgue Joseph Merklin (cf. inscription sur la console), mais sa paternité est contestée. D'après la base de données Palissy du ministère de la culture :

Un petit orgue d’accompagnement a également été acheté en 1875 pour 6 500 F (Archives diocésaines, registre de la paroisse p. 10), provenant de la paroisse Saint-Jacques à Douai ; il est déplacé au sein de l' église en 1889 (p. 13).

Le 23 octobre 1886, les frères Delmotte envoient un devis pour déplacer l'orgue de choeur à la tribune. Le 11 juin 1903, Théophile Delmotte et Fils présentent un devis "d'un orgue à 1 clavier à placer derrière le maître-autel de l'église". Cet instrument comportait 9 jeux et était proposé pour 5 850 Fr.

On apprend encore dans un brouillon de lettre (non daté mais vraisemblablement après février 1909) que le même facteur a fait parvenir au doyen de St Michel un autre devis détaillé "pour les transformations projetées pour l'orgue de choeur de St Michel".

On ne trouve nulle trace de travaux à l'orgue de choeur de St Michel dans les livres de comptes des Delmotte : ces projets n'ont donc probablement pas été mis à exécution.

Enregistrements

Pas d'enregistrement commercial connu.

Photos

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