La Madeleine...
... est une commune attenante à Lille, empalée sur le boulevard qui relie Lille à Roubaix et Tourcoing via Marcq. Ce boulevard a malheureusement dégénéré en voie rapide : six voies pour les bagnoles, une pour le Mongy (du nom d'Alfred Mongy, ingénieur à qui les communes sont redevables de leur premier tram), et une piste à peine cyclable compte tenu des nombreux feux, de l'asphalte (récemment réparée, enfin...), etc.
Cela mis à part, la vie y est agréable, d'ailleurs j'y habite. La Madeleine est composée de deux parties, l'une riche (avec de nombreux foyers soumis à l'ISF), l'autre modeste, logeant dans quelques rares HLM et de nombreuses maisons ouvrières bordant les friches industrielles. Les gens du Boulevard et ceux de Berkem... la fusion des paroisses a d'ailleurs suscité des commentaires, jusque dans les journaux (paroissiaux).
Vous trouverez quelques renseignements sur Wikipedia.
L'édifice
L'église a été ouverte au culte en 1888. Elle est pourvue d'un orgue de tribune, d'un harmonium et (oserai-je l'écrire) d'un machin électronique. Heureusement, le grand orgue est en bon état et sert régulièrement.
L'église est très réverbérante, et comparable en cela à N.D. de Pellevoisin à Lille, qui présente plus ou moins la même géométrie et les mêmes matériaux.
Historique et interventions
L'orgue a été construit par Merklin & Cie (Paris, Lyon). Le devis de 1891, de 21 000 francs, a été suivi d'un marché complémentaire en 1893, prévoyant l'adjonction d'un basson-hautbois de 16 pieds (sic) pour 1 200 francs, et la réparation urgente du "petit orgue d'accompagnement" pour 650 francs.
La réception de l'orgue a été prononcée le 8 mai 1893 par une Commission d'experts présidée par le Dr Bédart, professeur à la faculté de médecine, et comprenant en outre M. M. Mazingue, organiste à St Etienne de Lille, rapporteur ; M. Pamart, maître de chapelle de St Etienne ; M. Dallier, organiste à St Eustache (Paris) ; M. Calwaert, organiste titulaire de La Madeleine ; M. Deplantay, organiste de St Maurice à Lille ; le fr. Emile, directeur du chant au pensionnat St Pierre.
En 1912, relevage par Grammet.
En 1923, relevage par Séquiès, élève de Cavaillé-Coll, ancien contremaître de la maison Merklin.
En ..., relevage par Cogez, qui remplace le salicional du GO par un cornet et repose une voix humaine (éliminée auparavant par Séquiès ?). L'orgue n'a pas été beaucoup altéré, même si des interrogations subsistent : les jeux d'anches du G.O. n'évoquent pas vraiment Merklin (cf. les pieds des tuyaux sur les photos) ; le cornet IV du grand orgue, qui est sur le sommier, serait de Cogez, de même que la voix humaine du récit.
Le ventilateur a récemment été remplacé, ce qui aurait conduit à une légère hausse des pressions.
Buffet
Contemporain de la construction de l'instrument. Le buffet est clos, avec un plafond et des parois latérales. La boîte expressive du récit le ferme à l'arrière. Quelques tuyaux de basson 16 se fraient un chemin à travers le plafond, quand le récit a, lui, des tuyaux coudés : probablement parce que, contrairement à la boîte expressive du récit, l'étanchéité du buffet de grand orgue n'est pas critique.

État actuel (2010)
Bon. Entretien régulier par la maison Pascal, de Lille. L'orgue est très régulièrement utilisé pour les offices. Peu de récitals.
Composition
| I - Grand Orgue | II - Récit expr. | Pédale |
|---|---|---|
| Bourdon 16 | Flûte traversière 8 | Soubasse 16 * |
| Montre 8 | Bourdon 8 | Octav' basse 8 * |
| Bourdon 8 | Viole de gambe 8 | Violoncelle * |
| Salicional 8 | Voix céleste 8 | Bourdon 8 * |
| Flûte harmonique 8 | Flûte octaviante 4 | |
| Prestant 4 | Octavin 2 | |
| Fournitures IV (2 2/3) | Trompette 8 | |
| Trompette 8 | Basson et Hautbois 8 | |
| Clairon 4 | Voix humaine 8 | |
| tremolo | * emprunts G.O. (Octav'basse = montre 8) |
Tonnerre ; tirasses GO, R ; Appel machine GO ; R/GO, R/GO (16) ; Expression R ; Appels des juex de combinaison GO, R ; trémolo
Le Grand Orgue et le Récit sont situés l'un derrière l'autre, à peu près à la même hauteur (le récit est un peu surélevé). Pédale empruntée au G.O (bourdon 16, basse de montre 8 et basson).
| I - Grand Orgue | II - Récit expr. | Pédale |
|---|---|---|
| Bourdon 16 | Flûte traversière 8 | Soubasse 16 * |
| Montre 8 | Bourdon 8 | Octav' basse 8 * |
| Bourdon 8 | Viole de gambe 8 | Bourdon 8 * |
| Flûte harmonique 8 | Voix céleste 8 | Basson 16 * |
| Prestant 4 | Flûte octaviante 4 | |
| Cornet IV | Octavin 2 | |
| Fourniture (III-)IV | Trompette 8 | |
| Basson 16 | Basson et Hautbois 8 | |
| Trompette 8 | Voix humaine 8 | |
| Clairon 4 | ||
| tremolo | * emprunts G.O. (Octav'basse = montre 8) |
Console "retournée" ; claviers de 56 notes, pédalier de 30 notes. Transmission mécanique non suspendue pour les notes, avec machine Barker pour le G.O.
Tirasses GO et R. Appel machine barker. Accouplements II/I en 8 et en 16. Appels anches GO (y compris la fourniture), Récit (les trois anches et, probablement, l'octavin - à vérifier) et appel basson 16 à la pédale (qui n'a pas de registre pour cet usage). Expression récit à bascule.
Composition de la fourniture (d'après l'inventaire des orgues du Nord ; le 4° rang n'y est pas décrit) :
| Ut 1 | Ut 2 | Ut 3 | Ut 4 |
|---|---|---|---|
| 1 1/3 | 2 | 2 2/3 | 4 |
| 1 | 1 1/3 | 2 | 2 2/3 |
| 2/3 | 1 | 1 1/3 | 2 |
Le devis de Merklin indiquait "Founitures 2 2/3 pieds, en étain, 4 rangs, 224 tuyaux", soit effectivement 4 rangs de bout en bout, ce qu'indique le tirant de registre.
Photos
Voir cette première galerie (vue de la nef), et la deuxième (vues prises depuis la tribune, les triforiums, ou à l'intéreur de l'orgue).