Édifice
L'église du Très Saint Sacrement est une construction en brique et béton, édifiée après la destruction, en 1944, d'une chapelle provisoire de 1906.
Elle fait partie d'une paroisse multi-clochers, et n'est plus utilisée que le samedi soir. Sinon, elle est fermée. L'état d'entretien semble correct : les serrures sont récentes, les portes sont en bon état, et les vitraux sont protégés contre le vandalisme... et l'intérieur n'est pas déplaisant. Le mobilier est homogène et contemporain de la construction, avec une certaine recherche.

Orgue
Sources : revue "L'Orgue", juil-sept 1956 ; visite le 7 août 2010
Historique
Orgue de Victor Gonzalez, 1955. Selon un paroissien, cet orgue aurait été construit à partir du Cavaillé Coll du conservatoire national supérieur de musique de Paris, rue de Madrid. En effet, l'instrument de la classe de Marcel Dupré (salle Berlioz) a été remplacé en 1951 par un orgue Jacquot-Lavergne de trois claviers. L'ancien orgue aurait été racheté par Jean Cau, organiste (ne pas confondre avec l'ancien secrétaire de Jean-Paul Sartre, l'éditorialiste du Figaro), et installé dans la nouvelle église grâce à un curé très entreprenant.
Le fronton des claviers porte en effet une plaque "Gonzalez" en plastique... vissée sur une marque de fabrique plus ancienne. Je ne suis pas allé chercher un tournevis, un paroissien m'assurant qu'il s'agit bien de Cavaillé-Coll. Les tirants de registres sont également anciens, les porcelaines ayant été remplacés par de vilaines rondelles de plastique.
Les claviers et le pédalier (fort usagé) ont une étendue de 61 et 32 notes respectivement, ce qui semble bien avoir été l'étendue de ceux de la salle Berlioz en 1934 (cf. la seule photo à peu près nette dont je dispose, celle où l'on voit Denise Launay à l'orgue, page 48 du livre "Marcel Dupré" par Michael Murray). De nombreux autres détails coïncident, notamment la position des tirants de registre de droite (avec un tirant ajouté pour le récit en 1955), la disposition des cuillers (certaines ont été ajoutées), le fronton des claviers plus sombre que les côtés portant les tirants de registre...
En revanche, il est clair que la montre en spotted est de Gonzalez. Je n'ai pu faire l'inventaire de la tuyauterie, mais à l'entendre, celle-ci est soit neuve, soit fortement remaniée. Je présume que Dupré, qui appréciait Cavaillé Coll, et Jacquot, qui héritait de la tradition symphonique, ont dû se mettre d'accord pour réemployer un certain nombre de jeux dans l'orgue de la salle Berlioz...
Buffet
Pas de buffet, mais une façade de tuyaux : une plate-face en mitre, entre deux autres plate-faces plus basses en harpe. Montre en spotted, soubassement en chêne.
Composition
| I - Grand Orgue | II - Récit expressif | Pédale |
|---|---|---|
| Quintaton 16 | Dulciane 8 | Soubasse 16 |
| Montre 8 | Bourdon 8 | Bourdon 8 (déd.) |
| Flûte à fuseau 8 | Principal italien 4 | Flûte 8 |
| Prestant 4 | Quarte de nasard 2 | Flûte 4 (déd.) |
| Flûte douce 4 | Sesquialtera III | Bombarde 16 |
| Doublette 2 | Plein jeu IV | Trompette 8 (déd.) |
| Fourniture IV | Bombarde 16 | Clairon 4 (déd.) |
| Cymbale III | Trompette 8 | |
| Clairon 4 |
Claviers de 61 notes et pédalier de 32 notes. Sommiers à registres. Transmissions mécaniques avec machine Barker.
Accouplements II/I, II/I (16) ; Tirasses I, II ; appel machine barker du G.O.
Boutons de registres tournants pour les anches et les mutations avec, pour chaque clavier et pour le pédalier, des pédales d'appel et de renvoi. Ces appels et renvois sont purement mécaniques, suivant le même principe que les "tiratutti" italiens.
Les dédoublements sont mécaniques. Les anches de la pédale sont placées dans la boîte du récit (ce que j'ai pu vérifier - et il ne s'agit pas d'un dédoublement. Ainsi, la bombarde de récit évoque plutôt un basson, alors que la bombarde de pédale est plus grosse).
État
L'instrument est en bon état : tout fonctionne, et l'accord était plutôt bon le jour de ma visite. La mécanique est agréable ; la machine Barker est assez discrète et répond bien. Le vent a tendance à devenir instable dans les registrations chargées : il est possible que les antisecousses ne fonctionnent pas de manière optimale.
L'entretien est assuré (2010) par le facteur Antoine Pascal.
L'harmonisation est soignée ; l'orgue est relativement discret, dans un local moyennement réverbérant.
Commentaires...
... de Jean Cau, auteur de la notice dans la revue "L'Orgue" ; ces commentaires sont un parfait miroir de l'idéologie qui animait l'Association des Amis de l'Orgue et son président, Norbert Dufourcq, à cette époque :
"Cette composition a surpris quelques organistes attardés, et quelques romantiques impénitents. Il n'importe. Mais nous avons délibérément sacrifié le détail au profit de l'équilibre de l'ensemble. L'absence d'un cromorne se fait évidemment sentir, mais une cymbale au G.O. nous a paru d'une plus grande nécessité, etc... Certes, c'est un compromis, comme dans tout instrument de dimensions modestes, mais tel qu'il est composé, cet orgue répond à sa destination. L'harmonisation en a été parachevée par M. Danion. Les anches sont de la main de Victor Gonzalez.
C'est un nouveau chef-d'oeuvre de la facture française".
Titulaire
Antoine Blondeau (actuellement - 2010/11). Voir ici son site personnel
Enregistrements
Antoine Blondeau a récemment enregistré un CD. Il est en vente sur son site, sur cette page.
Photos
En voici quelques-unes, avec l'aimable concours d'Antoine Blondeau, organiste à Fives et à Hellemmes.
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